P H I L O S O P H I E
U T I L I T A R I S T E

 

JEREMY BENTHAM

Jeremy Bentham

Jeremy Bentham est né à Houndsditch, Londres, le 15 février 1748. Il était le fils aîné d'Alicia Whitehorn, née Grove, qui, le 3 octobre 1745 épousait, en seconde noce, Jeremiah Bentham, brillant avocat auprès de la Cour de la Chancellerie.(…) Six autres enfants naquirent ensuite, desquels seul le plus jeune, Samuel, né en 1757, vécu au-delà de la petite enfance. La mort n'était jamais très loin et, le 6 janvier 1759, Jeremy, âgé de dix ans seulement, perdit sa mère. (…) En 1755, il fut considéré suffisamment robuste pour aller à l'École de Westminster.
(…)
Voyant que son fils aîné était un prodige, Jeremiah l'a envoyé à l'âge de 12 ans, au Quenn's College à Oxford, où il habita à partir du mois d'octobre 1760. (…) Mais l'obtention de sa Licence de lettres en 1764 (il était alors la plus jeune personne, à cette époque, à obtenir un tel diplôme) se trouva être extrêmement problématique. En effet, pour avoir son diplôme, l'étudiant devait jurer fidélité aux professions de foi et de discipline contenue dans les Trente-neuf Articles de l'Église anglicane. Bentham ne pouvant se résoudre à les accepter, Il comprit, cependant, que s'il ne faisait pas ce serment, il ne pourrait pas recevoir son diplôme, ce qui détruirait sa relation avec son père, qui s'attendait à ce qu'il poursuive une brillante carrière et même d'accéder au poste de Grand Chancelier d'Angleterre, au pinacle de la profession. (…) D'un autre coté, jurer fidélité aux 39 articles était un acte de malhonnêteté intellectuelle envers lui-même. Il jura, malgré ce malaise, fidélité [aux 39 article de l'Eglise anglicane] et regretta toute sa vie d'avaoir fait ce serment. Ainsi, 50 ans plus tard, il dit à ce sujet: "par la force des chose je me suis trouvé dans l'obligation d'agir ainsi, mais cela me laissa une impression telle, qu'elle ne me quittera que lorsque je mourrait." L'aspect remarqueble de cet épisode c'est que Bentham n'était, à ce moment-là, qu'un jeune homme de 16 ans. Son scepticisme envers ses convictions religieuses était déjà profondément ancré en lui, même si la nature précise de ce scepticisme n'était encore claire.
(…)
L'année 1769 - "une année des plus intéressante" comme Bentham le dit lui-même – fut importante pour Bentham. C'est en effet, cette année-là que Bentham trouva sa raison d'être (son but dans la vie); toutes les pièces du puzzle trouvant soudain leur place. Les réflexions, qu'il fit plus tard sur cette période, révélèrent la découverte d'une littérature très différente de celle qu'on lui avait permis côtoyer lorsqu'il était enfant. Des noms tels que, Montesquieu, Helvétius, Beccaria et Voltaire – figures associées au Siècle des Lumières (hors de l'Angleterre) - et David Hume, David Hartley et Joseph Priestley - figures intellectuelles prônant des opinions philosophiques et politiques radicales, prirent une grande importance. Bentham réunit divers éléments de ces penseurs pour construire sa version du principe d'UTILITÉ.
(…)
À la fin des années 1770 et au début des années 1780 Bentham passa beaucoup de temps à développer sa notion de science de la législation, fondée sur le principe d'utilité. (…) un des premiers résultat de ce projet se trouve dans: Introduction aux principes de la morale et la législation. Dans cet ouvrage, il soutient que la fin correcte et juste de tout gouvernement est le bonheur de la communauté (…) il continua ensuite de développer sa théorie sur les condamnations en faisant une classification détaillée des délits. Lorsqu'il se pencha sur les condamnations, il trouva son inspiration dans le travail de Cesare Beccaria, qui avait souligné l'importance de la dissuasion, la proportionnalité et la certitude de la condamnation. Bentham prit les idées de Beccaria, les rapprocha systématiquement du principe d'UTILITÉ tout en y ajoutant des éléments propres à sa pensée. Il soutient que le législateur, lorsqu'il condamne une action, devrait prendre en compte le "bénéfice" qu'en tire le criminel et les "dommages" dont la communauté est victime à cause de ce délit.
(…)
Lorsqu'il travaillait sur son ouvrage intitulé An Introduction to the Principles of Morals and Legislation (Introduction aux principes de la morales et la législation), Bentham prit conscience que pour rédiger un code (ou recueil de lois), il lui fallait comprendre en quoi une loi dans don individualité. Il se rend compte alors que ni lui, ni personne d'autre avant lui, n'avait correctement défini la notion de loi - quelle est cette entité que l'on appelait "loi"? Bentham entreprend alors de définir de la notion de loi, ce qui l'amène à rédiger: Of Laws in General (Des lois en général), ouvrage dans lequel il démontre qu'une loi est l'expression de la souveraineté incarnée par une seule personne ou une assemblée, ou encore par un ensemble composé de ces deux dernières entités auxquelles la communauté a l'habitude d'obéir. Il conclut, au même moment, que le moyen le plus efficace de promouvoir le bonheur de la communauté consisterait en l'introduction d'un code complet de lois, ou un "pannomion" selon ses propres termes. Un tel code serait "compréhensif" et "justifié". Le code serait logique et complet, tous les termes utilisés seraient clairement définis et chaque disposition serait justifiée en se référant évidemment  au principe d'UTILITÉ. (Voir: Bentham: A guide for the Perplexed, de Philip Schofield, Professeur d'Histoire de pensée légale et politique, University College London, Directeur du Bentham Project, et éditeur associé du journal Utilitas, trad. H.Geninet)

"Bien sûr les philosophes qui partagent cette vision de la fonction propre aux institutions sociales, comme la loi et la moralité, peuvent avoir un avis différent sur les meilleures méthodes de l'atteindre. Comme le dit Aristote, il est communément admis que le bonheur est le but, mais le désaccord est considérable, quant à ce qui constitue le bonheur. Pour Bentham la réponse est simple : le bonheur est juste le plaisir et l'absence de douleur. La valeur (ou dévaleur) d'un plaisir (ou de la douleur) dépend seulement de son intensité et de sa durée, et peut (au moins en principe) être évaluée quantitativement et précisément. Cela étant dit, nous pouvons reconstruire la ligne de l'argument de Bentham pour le principe d'UTILITÉ comme ce qui suivante :

  1. Le bien (bonheur) d'une société est la somme du bonheur des individus dans cette société.
  2. Le but de la morale est de promouvoir le (bien) bonheur de société.
  3. Un principe moral est idéal si et seulement si sa conformité universelle  maximiserait le bonheur (bien) de la société.
  4. La conformité Universelle au principe d'UTILITÉ ("Toujours agir afin de maximiser l'équilibre net total des plaisirs et des douleurs") maximiserait le bonheur (bien) de société.

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Le principe d'UTILITÉ est donc le principe moral idéal."

(Voir: The Classical Utilitarians: Bentham and Mill, auteur: John Troyer, Professeur de Philosophie à l'Université du Connecticut, trad. H.Geninet)

 

Extraits de Principles of Morals and Legislation de Bentham:

CHAPTER I

Nature has placed mankind under the governance of two sovereign masters, pain and pleasure. It is for them alone to point out what we ought to do, as well as to determine what we shall do. On the one hand the standard of right and wrong, on the other the chain of causes and effects, are fastened to their throne. They govern us in all we do, in all we say, in all we think: every effort we can make to throw off our subjection, will serve but to demonstrate and confirm it. In words a man may pretend to abjure their empire: but in reality he will remain subject to it all the while. The principle of utility recognises this subjection, and assumes it for the foundation of that system, the object of which is to rear the fabric of felicity by the hands of reason and of law. System which attempt to question it, deal in sounds instead of sense, in caprice instead of reason, in darkness instead of light.

CHAPITRE I

La nature a placé l'être humain sous la gouvernance de deux maîtres souverains, douleur et le plaisir. C'est par eux seuls que nous savons ce que nous devons faire, aussi bien que ce que nous ferons. D'un coté, la norme du bien et du mal et, de l'autre, le rapport de cause à effet, sont attachés à son trône (de la gouvernance du plaisir et de la douleur). Ils nous dirigent dans tout ce que nous faisons, ce que nous disons et ce que nous pensons: tous les efforts que nous faisons pour nous débarrasser de cette soumission, ne nous servira qu'à démontrer et confirmer ce fait. En paroles, un homme peut renoncer à leur emprise, mais en réalité il y restera toujours assujetti. Le principe d'utilité reconnaît cette soumission et l'inclut dans les bases de son système dont le but est d'élever cette œuvre de la "félicité" par la raison et la loi. Système dont la t On essaiera d'interroger un système qui utilisa les sons au lieu du sens, le caprice qu lieu de la raison et l'obscurité au lieu de la lumière.

 

CHAPTER IV

Value of a Lot of Pleasure or Pain, How to be Measured
Comment mesurer la valeur de beaucoup de plaisir et de douleur

I. Use of this chapter. Pleasure then, and the avoidance of pains, are the ends which the legislator has in view: it behoves him therefore to understand their value. Pleasures and pains are the instruments he has to work with: it behoves him therefore to understand their force, which is again in other words their value.

I. Utilisation de ce chapitre. Le plaisir et éviter la douleur, sont les fins que le législateur a en vue: il lui convient donc de comprendre leur valeur. Les plaisirs et les douleurs sont les instruments avec lesquels il doit travailler, il lui convient donc de comprendre leur force, c'est-à-dire leur valeur.

II. Circumstances to be taken into the account in estimating the value of a pleasure or pain considered with reference to a single person, and by itself. To a person considered by himself, the value of a pleasure or pain considered by itself, will be greater or less, according to the four following circumstances:

    1. Its intensity.
    2. Its duration.
    3. Its certainty or uncertainty.
    4. Its propinquity or remoteness.

II. Circonstances devant être prises en compte dans l'estimation de la valeur d'un plaisir ou d'une douleur pour une seule personne isolée, ou pour une personne considérant elle-même, la valeur d'un plaisir ou d'une douleur, qui sera plus ou moins importante suivant ces quatre circonstances.

    1. Son intensité
    2. Sa durée
    3. Sa certitude ou son incertitude
    4. Sa proximité ou son éloignement.

III. – Considered as connected with other pleasures or pains. These are the circumstances which are to be considered in estimating a pleasure or a pain considered each of them by itself. But when the value of any pleasure or pain is considered for the purpose of estimating the tendency of any act by which it is produced, there are two other circumstances  to be taken into account, these are,

    1. Its fecundity or the chance it has of being followed by sensations of the same kind: that is, pleasures, if it be a pleasure: pains, if it be a pain.
    2. Its purity, or the chance it has of not being followed by sensations of opposite kind: that is: pains, if it be a pleasure, pleasures, if it be a pain

These two last, however, are in strictness and scarcely to be deemed properties of the pleasure or the pain itself; they are not, therefore, in strictness to be taken into the account of the value of that pleasure or that pain. They are in strictness to be deemed in properties only of the act, or other event, by which such pleasure or pain has been produced; and accordingly are only to be taken into the account of the tendency of such act or such event.

III. – Considéré comme étant connecté avec d'autres plaisirs ou douleurs. Ce sont les circonstances qui doivent être prisent en compte dans l'évaluation d'un plaisir pour lui-même ou d'une douleur pour elle-même. Mais lorsque la valeur  d'un plaisir ou d'une douleur est considérée dans le but d'évaluer la possibilité de commettre n'importe quel acte, deux autres circonstances doivent être ajoutées:

    1. Sa fécondité, ou la tendance à ce qu'elle soit suivie de sensations similaires: de plaisirs si c'est un plaisir, et de douleurs si c'est une douleur.
    2. Sa pureté, ou la tendance à ce qu'elle ne soit pas suivie de sensations opposées: de douleurs si c'est un plaisir, et de plaisirs si c'est une douleur.

Ces dernières, sont cependant des propriété du plaisir ou de la douleur même, rigoureusement et difficilement estimables, elles ne sont donc pas à prendre en compte dans la valeur de ce plaisir ou de cette douleur. Elles ne doivent être considérés que selon l'acte, ou autre événement, par lequel un tel plaisir ou douleur a été produit, et, ne sont donc prisent en compte que pour la tendance d'un tel acte ou d'un tel événement.

 IV. – Considered with reference to a number of persons. To a number of persons, with reference to each of whom the value of a pleasure or a pain is considered, it will be greater or less, according to seven circumstances: to wit, the six preceding ones; viz.

    1. Its intensity.
    2. Its duration.
    3. Its certainty or uncertainty.
    4. Its propinquity or remoteness.
    5. Its fecundity.
    6. Its purity.

And one other to wit:

  1. Its extent; that is, the number of persons to whom it extends; or (in other words) who are affected by it

IV. – Considéré avec une référence à un certain nombre de personnes. A un certain nombre de personnes, avec une référence à la valeur d'un plaisir ou d'une douleur estimé pour chaque personne, qui sera plus ou moins important selon sept circonstances: à savoir les six précédentes; viz.

    1. Son intensité
    2. Sa durée
    3. Sa certitude ou son incertitude
    4. Sa proximité ou son éloignement
    5. Sa fécondité
    6. Sa pureté

Et une autre, à savoir:

  1. Son étendue, c'est-à-dire le nombre de personnes auxquelles il s'étend; ou (en d'autres termes) ou qu'il affecte

V. Process for estimating the tendency of any act or event. To take an exact account then the general tendency of any act, by which the interests of a community are affected, proceeds as follows. Begin with any one person of those whose interests seem most immediately to be affected by it: and take an account,

  1. Of the value of each distinguishable pleasure which appears to be produced by it in the first instance.
  2. Of the value of each pain which appears to be produced by it in the first instance.
  3. Of the value of each pleasure which appears to be produced by it after the first. This constitutes the fecundity of the first pleasure and the impurity of the first pain.
  4. Of the value of each pain which appears to be produced by it after the first. This constitutes the fecundity of the first pain, and the impurity of the first pleasure.
  5. Sum up all the values of all the pleasures on the one side, and those of all the pains on the other. The balance, if it be on the side of pleasure, will give the good tendency of act upon the whole, with respect to the interests of that individual person; if on the side of pain, the bad tendency of it upon the whole.
  6. Take an account of the number of persons whose interests appear to be concerned; and repeat the above process with respect to each. Sum up the numbers expressive of the degrees of good tendency, which the act has, with respect to each individual, in regard to whom the tendency of it is good upon the whole: do this again with respect to each individual, in regard to whom the tendency of it is bad upon the whole. Take the balance; which, if on the side of pleasure, will give the general good tendency of the act, with respect to the total number or community of individuals concerned; if on the side of pain, the general evil tendency, with respect to the same community.

V. Processus d'estimation de la tendance d'un acte ou événement quelconque. Pour rendre compte exactement de la tendance générale d'un acte quelconque, par lequel les intérêts de la communauté sont affectés, procédez ainsi. Commencez avec n'importe quelle personne dont les intérêts semblent les plus immédiatement affectés: rendez compte,

  1. De la valeur de chaque plaisir distinguable qui paraît être produit par cela (l'acte), en premier lieu.
  2. De la valeur de chaque douleur qui semble être produite par cela (l'acte) en premier lieu.
  3. De la valeur de chaque plaisir qui semble être produit par cela après le premier. Cela constitue la fécondité du premier plaisir et l'impureté de la première douleur.
  4. De la valeur de chaque douleur qui semble être produite par cela après le premier. Cela constitue la fécondité de la première douleur et l'impureté du premier plaisir.
  5. Ajoutez, d'une part, toutes les valeurs de tous les plaisirs, et d'autre part, celles de toutes les douleurs. Si la balance penche du côté du plaisir, elle montrera, par rapport aux intérêts cette personne individuelle, la bonne influence (tendency) de l'acte sur l'ensemble [de la société]; si elle penche du côté de la douleur, elle montrera la mauvaise influence (tendency) [de l'acte] sur l'ensemble [de la société].
  6. Prenez en compte le nombre de personnes dont les intérêts paraissent être concernés; et répétez le processus ci-dessus pour chacun [d'entre eux]. Ajoutez les nombre exprimant un degré de bonne influence (tendency) que produit l'acte sur chaque individu, par rapport à qui l'influence (tendency) [de l'acte] est bonne sur l'ensemble et recommencez cela avec chaque individu pour qui l'influence de l'acte est mauvaise sur l'ensemble. Prenez la moyenne, qui, si elle penche du coté du plaisir, donnera la bonne influence (tendency) générale de l'acte, par rapport au nombre total ou à la communauté d'individus concernés. Si elle est du côté de la douleur, du mal général, par rapport à la même communauté.

VI. Use the foregoing process. It is not to be expected that this process should be strictly pursued previously to every moral judgement, or to every legislative of judicial operation. It may, however, be always kept in view: and as near as the process actually pursued on these occasions approaches to it, so near will such process approach to the character of an exact one.

VI. Utilisation du processus précédent.  Ce processus ne doit pas être strictement appliqué avant chaque jugement moral, ou avant toute opération judiciaire ou législative. Néanmoins, elle peut toujours rester en vue, et, dans ces occasions, au fur et à mesure que le processus avance, s'en approcher, si près que l'on accéderait à un procédé exact.

VII. The same process applicable to good and evil, profit and mischief, and all other modifications of pleasure and pain. The same process is alike applicable to pleasure and pain, in whatever shape they appear: and by whatever denomination they are distinguished: to pleasure, whether it be called good (which is properly the cause or instrument of pleasure) or profit (which is distant pleasure, or the cause or instrument of distant pleasure), or convenience, benefit, emolument, happiness and so forth: to pain, whether it be called evil, (which corresponds to good) or mischief, or inconvenience , or disadvantage, or loss, or unhappiness, and so forth.

VII. Le même procédé est applicable au bien comme au mal, à ce qui est bénéfique comme à ce qui est maléfique, et à toutes les autres modifications du plaisir et la douleur. Ce même procédé peut s'appliquer aussi au plaisir et à la douleur, sous toutes leurs formes apparentes et selon toutes les dénominations qui les distinguent. Au plaisir selon qu'on l'appelle bien (qui est la cause ou l'instrument propre du plaisir) ou bénéfique (qui est un plaisir distant, ou la cause ou l'instrument d'un plaisir distant), ou au confort (convenience), au bénéfice, à l'émolument, au bonheur, et ainsi de suite; à la douleur, qu'on l'appelle mal (par rapport au bien) maléfique, inconvénient, ou malheur, et ainsi de suite.

VIII. Conformity of men's practice to this theory. Nor is this a novel and unwarranted, any more than it is a useless theory. In all this there is nothing but what the practice of mankind, whosesoever they have a clear view of their own interest, is perfectly conformable too. An article of property an estate in land, for instance, is valuable, on what account? On account of the pleasures of all kinds which it enables a man to produce, and what comes to the same thing the pains of all kinds which it enables him to avert. But the value of such an article of property is universally understood to rise or fall according to the length or shortness of the time which a man has in it: the certainty or uncertainty of its coming into possession: and the nearness or remoteness of the time at which, if at all, it is to come into possession. As to the intensity of the pleasure which a man may derive from it, this is never thought of, because it depends upon the use which each particular person may come to make of it; which cannot be estimated till the particular pleasures he may come to derive from it, or the particular pains he may come to exclude by means of it, are brought to view. For the same reason, neither does he think of the fecundity or purity of those pleasures.

Thus much for pleasure and pain, happiness and unhappiness, in general.

VIII. Mise en pratique de cette théorie à l'activité humaine. Cela ne consiste pas plus en un roman insensé qu'en une théorie inutile. Il n'y a, dans tout ceci, rien d'autre que l'attitude (practice) de l'espèce humaine, de quiconque ayant une vision claire de son propre intérêt, ce qui est parfaitement conforme aussi. Un bien dont on est propriétaire, une possession de terres, par exemple, sur quoi sa valeur est-elle fondée? Sur la quantité de plaisirs de toute sorte qu'elle permet à un homme de produire, et sur la quantité de douleurs de toute sorte qu'il peut éviter. Mais la valeur d'un tel bien est universellement comprise comme augmentant ou diminuant selon qu'un homme la possède un peu ou beaucoup de temps, selon la certitude ou l'incertitude d'en devenir propriétaire, selon la proximité ou l'éloignement dans le temps d'e faire l'acquisition, s'il s'agit de l'acquérir. Par contre, on ne pense jamais à l'intensité du plaisir qu'un homme peut en tirer parce que cela dépend de l'utilisation que chaque personne particulière en fait et que cela ne peut être estimé que lorsque les plaisirs particuliers pouvant en découler ou les douleurs particulières pouvant en être exclues apparaissent. Pour la même raison, on ne considérera pas la fécondité ou la pureté de ces plaisirs.

            Voilà pour ce qui concerne le plaisir, le bonheur et le malheur en général.

Bnetham's remains

Bibliographie

Interview of Prof. Philipp Schoffield on Philosophy Bites
Here is the actual link of the audio interview

 

 

Bentham Project
Centre bentham

Traduction H.Geninet

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